Sans Toit ni loi,
Sans bois ni croix,
Sans moi ni joie,
Sans choix ni doigt,
Sans soie ni hautbois.
Cent fois ou plus,
Avec un désarroi maladroit
Mais en restant courtois,
Je grimpais la paroi
Et laissais pantois
Tous les rabats-joie...
Avec l’autre j’exerce ma capacité de fraternité,
Avec l’autre, l’étrangère, je suis dans la complémentarité.
Avec l’autre je rencontre mon alter ego,
Avec l’autre nos vies se font écho.
Avec l’autre je constate les différences,
Avec l’autre j’expérimente la ressemblance.
Avec l’autre je découvre un même que moi,
Avec l’autre une personne me voit.
Avec l’autre j’entends une autre langue, une variante,
Avec l’autre je prends une forme différente.
Avec l’autre, la voisine, je me sociabilise,
Avec l’autre, avec les autres, je me mobilise.
Quelle richesse que notre diversité !
Quelle beauté dans cette mixité !
Poème personnel à partir d’un vers de J.C. Pirotte
J’écris au courant de la plume Qui sur le papier file, fume, Comme possédée, vivante, C’est elle qui guide, chante. La main, les doigts, simples assistants, Suivent le rythme, difficilement. C’est elle la cheffe, l’âme De cette œuvre, madame.
Poème personnel à partir d’un vers de Emily Dickinson
Les mots dansent dans la lumière, Ils suivent la musique, la bière. Et plus ça va et plus ça crie ! C’est bruyant, joyeux, ici. L’alcool aidant, l’oubli s’installe, Là, maintenant, on s’la régale ! Demain est loin, n’existe pas, Demain n’est rien… mais déjà là !
Dans les films personne ne regarde jamais la télé,Les gens sont beaux, ils s'aiment d'amour ou d'amitié. Sur l'écran la vie parfaite défile pleine de sens, d'utilité. Ici la solitude, les interrogations, les doutes, le silence,Là-bas les rires, les larmes, l'action, la présence.La réalité est dure, changeante, gaie, triste, elle balance. Je voudrais savoir où je vais, être sûre de faire les bons choix,J'aimerais me sentir à ma place, avoir confiance en moi. Je vous envie, vous que j'imagine pleines de confiance en soi.Vous qui avez des ami.es qui vous appellent et veulent vous voir,Des envies de dîners, de sorties, de la légèreté plein le miroir.Je me sens pesante, pas drôle, différente et trop noire.Pourtant depuis toujours les autres me disent ma chance,Vue du dehors ma vie ne manque de rien sauf de romance...Mais dedans toujours la colère, la tristesse, l'errance Font de mon quotidien une lutte pour avoir envie de quelque chose N'importe quoi pourvu qu'une étincelle dissipe tout ce morose. Envie d'une tarte aux pommes, envie de sentir l'odeur d'une rose, Envie de soleil, envie de sortir, envie de me sentir en vie... C'est dur pour moi de ne pas céder à la déprime, d'être ravie. Chaque jour il faut choisir de voir le beau, éviter de se sentir salie. Avancer quoi qu'il en coûte, trouver la force d'arriver à savourer :Voir la beauté du monde qui m'entoure et essayer de l'apprécier, Goûter la chance d'être en vie sans laisser la peur me submerger. Pleurer, oui, mais pas pour trop longtemps, reprendre le dessus.
Faire la liste de mes réussites, de mes qualités c'est un bon début! Puis imaginer ce que, dans un monde idéal, j'aurais voulu...
Pas assez ceci, trop cela : il faut changer tout ça !
Douter de tout, douter de moi, un enfer quoi !
Besoin de reconnaissance, n'entendre que le silence,
Envie de tout, de trop, faire un peu, manque de sens...
Le temps passe, peur de le perdre, vouloir trouver sa place,
Infinité des possibilités, pourtant, impression d'impasse...
Peur, peur, peur tout le temps, trop d’angoisses !
Colère, révolte, refus de rester dans la poisse !
Envie d'amour, de complicité, mais manque de capacités...
Envie de bon, de bien, de doux mais grande vivacité !
Alors bric et broc, tic et toc, bim et blam,
Évolution chaotique, chutes, blessures de l'âme.
Mais force et courage, toujours avancer dans ce ramdam !
Oui je doute, oui je tombe, oui je pleure, et alors ?
Être humaine avant tout, imparfaite oui, mais encore ?
Encore envie, encore en vie, oui! Pas encore mort !
Donc ? Continuer ! Chercher ! Respirer ! Sourire ! Jouir !
Explorer, apprendre, étudier, comprendre, ne jamais finir !
Toujours vouloir plus, mieux, évoluer et arrêter de se punir !
C'est vrai quoi bordel de merde! Si je ne suis pas sympa avec moi
Qui le sera? Qui sinon moi pour me tenir par le bras ?
Qui sinon moi pour me soutenir, m'offrir un peu de joie ?
Et si je devenais ma meilleure alliée ?!
Comme Montaigne et La Boétie, 'parce que c'était lui, parce que c'était moi',
je n'ai pas d'autre explication que ça.
J'accepte le mot amour dans ma tête, dans mon corps,
Dans mon cœur à côté de ton nom, de ton corps,
De ton cœur, parce que c'est toi, parce que c'est moi.
Absolument rien de rationnel dans tout ça,
Je devrais te trouver puérile, inculte, étranger,
Je te découvre mature, cultivé, familier.
J'ai envie de toi, de nos échanges, de nos regards,
J'aime le moi dans cet étrange fruit du hasard.
Hier encore sans toi ma vie roulait tranquille,
Les jours succédaient aux nuits.
Aujourd'hui je me sens plus vivante que jamais,
Envie d'écrire, de danser, de chanter,
De vivre à fond tous les instants qu'encore un temps,
La vie me permet de partager avec toi, mon amant.
A chacune de nos rencontres je me dis que c'est celle-ci
Pendant laquelle, comme je l'avais prédit,
Je trouverai ce qui chez toi ne me va pas.
A chaque rencontre tu me surprends
Et je repars un peu plus accrocs qu'avant.
J'ai peur et je m'en fou, je veux vivre cet amour à fond,
Tant qu'il durera, un jour, un mois, un an, une seconde,
Peu importe, tout vaut le coup !
Même un instant ça vaut la peine
Pour cette sensation en moi
De me sentir chez moi avec toi.
C'est dingue je sais et peut-être dans une semaine
Je ne pourrai plus te supporter mais aujourd'hui j'en suis là,
J'ai besoin de toi.
Jamais je n'ai dit cela à personne
Car jamais je n'ai compris ce que ça voulait dire,
Cette sensation d'être plus que soi-même
En présence de l'autre, ce 'je t'aime'
Si doux et douloureux à la fois
Que le dire ne dit rien, qu'un tout petit début à peine.
Je t'aime et c'est idiot, je t'aime aujourd'hui et peut-être plus demain,
je t'aime et j'aime le dire, l'écrire, ça me fait du bien.
Peut-être que ça n'est rien, que ça va passer,
Peut-être que je m'emballe, me laisse emporter,
Par les mots, par les frissons,
Par ces nouvelles sensations.
Peut-être que ça n'est pas ça l'amour, je n'en sais rien,
Pour le moment, je t'aime et c'est tellement bien !
J'ai peur de te faire fuir avec mes grands mots
Alors je vais les garder pour moi encore un peu
Et te dire simplement qu'on a le temps,
Le temps pour tout, tranquillement...
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