Dans les films

Dans les films

Dans les films

Dans les films personne ne regarde jamais la télé,
Les gens sont beaux, ils s'aiment d'amour ou d'amitié. 
Sur l'écran la vie parfaite défile pleine de sens, d'utilité. 
Ici la solitude, les interrogations, les doutes, le silence,
Là-bas les rires, les larmes, l'action, la présence.
La réalité est dure, changeante, gaie, triste, elle balance. 
Je voudrais savoir où je vais, être sûre de faire les bons choix,
J'aimerais me sentir à ma place, avoir confiance en moi. 
Je vous envie, vous que j'imagine pleines de confiance en soi.
Vous qui avez des ami.es qui vous appellent et veulent vous voir,
Des envies de dîners, de sorties, de la légèreté plein le miroir.
Je me sens pesante, pas drôle, différente et trop noire.
Pourtant depuis toujours les autres me disent ma chance,
Vue du dehors ma vie ne manque de rien sauf de romance...
Mais dedans toujours la colère, la tristesse, l'errance 
Font de mon quotidien une lutte pour avoir envie de quelque chose 
N'importe quoi pourvu qu'une étincelle dissipe tout ce morose. 
Envie d'une tarte aux pommes, envie de sentir l'odeur d'une rose, 
Envie de soleil, envie de sortir, envie de me sentir en vie... 
C'est dur pour moi de ne pas céder à la déprime, d'être ravie. 
Chaque jour il faut choisir de voir le beau, éviter de se sentir salie. 
Avancer quoi qu'il en coûte, trouver la force d'arriver à savourer :
Voir la beauté du monde qui m'entoure et essayer de l'apprécier, 
Goûter la chance d'être en vie sans laisser la peur me submerger. 
Pleurer, oui, mais pas pour trop longtemps, reprendre le dessus. 
Faire la liste de mes réussites, de mes qualités c'est un bon début! 
Puis imaginer ce que, dans un monde idéal, j'aurais voulu...
Passer à côté de la vie

Passer à côté de la vie

Tous les jours la même routine : le téléphone, l’ordinateur, Facebook, les séries américaines,
Tous les jours ce temps perdu à regarder sur un écran défiler une vie qui n’est pas la mienne.
Tous les jours la même question : à quoi je sers ?
Je suis là, certes, mais pour quoi faire ?
Besoin de sens pour avancer, est-ce que j’en fait assez ?

Passer à côté de la vie en croyant la vivre à fond,
Importance de l’apparence et à l’intérieur la souffrance
J’veux du vrai, j’veux du bon, de l’intense
Je veux plus que du pognon !

J’ai de la chance sur cette planète, je suis née du bon côté,
Celui des riches en argent, celui des pauvres gens,
Ceux qui pensent que ça vaut le coup,
Pour une belle paire de chaussure d’exploiter beaucoup.

Comme eux quand ma carte bancaire
M’ouvre les portes de la terre entière,
Comme eux je la grignote, je prends cette part achetée,
Comme eux j’ignore les êtres qui pour moi sont exploités.

Passer à côté de la vie en croyant la vivre à fond,
Importance de l’apparence et à l’intérieur la souffrance
J’veux du vrai, j’veux du bon, de l’intense
Je veux plus que du pognon !

Je voudrais faire beau, je voudrais faire grand,
Je voudrais d’un coup de baguette donner à tous les puissants
La conscience du plus important :
Chaque être vivant est un maillon essentiel de notre belle grande chaine,
Ce maillon pour être solide se nourrit d’amour, de bienveillance, pas de haine.

Ben ouais mais les belles grandes idées on se torche le cul avec
Notre Dieu à tous dans ce monde, ne vaut pas un kopeck
Pour lui nous mourons, nous prions, Ce Dieu indispensable, utile, industriel,
Ce Dieu qui nous donne le superflu au détriment de l’essentiel.

Passer à côté de la vie en croyant la vivre à fond,
Importance de l’apparence et à l’intérieur la souffrance
J’veux du vrai, j’veux du bon, de l’intense
Je veux plus que du pognon !

Ce Dieu c’est l’argent, le flouze, le fric, l’oseille.
Il nous enivre, nous fait perdre la tête, nous rend con
En son honneur, pour le faire prospérer, tout est bon :
Mentir, exploiter, détruire, tuer, éradiquer les abeilles.

Vendre toujours plus du toujours moins nécessaire,
Vendre du toujours plus neuf, acheté hier et déjà vieux,
Consommer, consommer, consommer et tout foutre en l’air,
Fuir notre existence en achetant sans regarder derrière.

Passer à côté de la vie en croyant la vivre à fond,
Importance de l’apparence et à l’intérieur la souffrance
J’veux du vrai, j’veux du bon, de l’intense
Je veux plus que du pognon !

Dieu dollar nous délivre de nos misérables existences
Sans respect, sans vrai, sans décence
A ce Dieu nous donnons tout et nous pensons,
somnambules, innocents, que nous vivons.

Nous oublions l’essentiel : la douceur d’une caresse sur la joue d’un enfant,
La beauté d’un sourire d’un inconnu dans la rue,
La puissance de la mer, des montagnes, du vent,
La mortalité de nos corps humains fragiles et nus.

Passer à côté de la vie en croyant la vivre à fond,
Importance de l’apparence et à l’intérieur la souffrance
J’veux du vrai, j’veux du bon, de l’intense
Je veux plus que du pognon !

A cause de ce Dieu pognon que nous vénérons,
Nous avons perdu notre humanité, nous l’avons mise de côté.
Les animaux, les insectes, les plantes, nous tuons, détruisons
Sans voir qu’ainsi c’est notre propre destin que nous scellons.

Nous sommes d’adorables et sur-efficients jeunes cons,
Des ados persuadés de tout connaître, tout maîtriser, tout pouvoir.
Oui nous pouvons beaucoup, mais avons-nous l’espoir ?
Pouvons-nous vivre en paix, arrêter de tourner en rond ?

Passer à côté de la vie en croyant la vivre à fond,
Importance de l’apparence et à l’intérieur la souffrance
J’veux du vrai, j’veux du bon, de l’intense
Je veux plus que du pognon !

Des fruits et légumes de l’autre bout du monde, faut-il les acheter?
Des vêtements fabriqués pas des enfants esclaves, faut-il les acheter?
Les pays au faible PIB faut-il les mépriser?
Croissance de la richesse et des inégalités, changer les données ?

C’est vraiment ça être humain ? Acheter, acheter, acheter et puis mourir ?
Vraiment ? C’est tellement triste, petit, sans envergure, sans plaisir.
Même la mort est repoussée, l’éviter à tout prix, y croire.
Tout pour cette image jeune et lisse dans le miroir.

Passer à côté de la vie en croyant la vivre à fond,
Importance de l’apparence et à l’intérieur la souffrance
J’veux du vrai, j’veux du bon, de l’intense
Je veux plus que du pognon !

Heureusement il y a l’amour, dernier bastion de résistance
Pas l’amour à la con du tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil,
L’amour respectueux des différences, l’amour en conscience,
L’amour tolérant, l’amour intelligent, cet amour-là nous sauvera-t-il ?

Le plus corrompu des dictateurs aime,
Le pire des multimilliardaires aime,
Le plus froid des lobbyistes aime.
L’amour nous rend faible, c’est son plus grand atout
Nous redevenons humain, à nouveau prêt à tout
Pour le bon, pour le beau, nous cessons d’être des toutous.

Passer à côté de la vie en croyant la vivre à fond,
Importance de l’apparence et à l’intérieur la souffrance
J’veux du vrai, j’veux du bon, de l’intense
Je veux plus que du pognon !